L’équité, la diversité, l’inclusion et la décolonisation sont depuis longtemps au cœur des recherches, de l’enseignement, des services et du travail personnel de nombreux membres de la SCÉÉ. Plusieurs groupes au sein de la SCÉÉ ont été fondés dans le but explicite de promouvoir l’équité au sein des communautés universitaires, notamment la ACÉÉA (Association canadienne pour l’étude de l’éducation autochtone), la ACÉFÉ (Association canadienne pour l’étude des femmes et de l’éducation), l’ÉAÉC (L’étude de l’allosexualité en éducation et culture) et le RÉÉFMM (Regroupement pour l’étude de l’éducation francophone en milieu minoritaire). Fondamentalement, l’objectif de la SCÉÉ est de servir de société savante où tous les éducateurs – y compris les professeurs, les étudiants, les chercheurs et les praticiens – peuvent se réunir et partager leur travail de diverses manières. La SCÉÉ est la principale voix nationale de ceux qui créent des connaissances en matière d’éducation, forment les enseignants et les leaders en éducation, et appliquent la recherche dans les écoles, les salles de classe, les institutions et les communautés à travers le Canada.
Cependant, comme bon nombre de nos membres le savent trop bien, les efforts en faveur de l’équité, de la diversité, de l’inclusion et de la décolonisation ne sont pas encore achevés, et ils ne permettent pas toujours de garantir que la SCÉÉ soit une communauté sûre, équitable et éthique où tous les membres se sentent accueillis, inclus et soutenus dans leurs travaux universitaires. Ce travail nécessite un engagement explicite, des mesures spécifiques et une attention constante. La réalisation de l’équité, de la diversité, de l’inclusion et de la décolonisation n’est pas une tâche ponctuelle. Au contraire, si la SCÉÉ veut atteindre ces objectifs – et les maintenir – alors, en tant que société savante, nous devons agir, éliminer les obstacles et naviguer dans des questions complexes et interdépendantes de manière à soutenir de façon significative nos membres et les communautés que nous servons.
Si l’équité, la diversité, l’inclusion et la décolonisation sont depuis longtemps au cœur des travaux de nombreux membres de la SCÉÉ, plusieurs événements marquants ont suscité une attention et des mesures supplémentaires qui méritent d’être mentionnés : (1) Lors du congrès de 2019, un étudiant diplômé noir a été harcelé et victime de profilage racial par un autre délégué. Un compte rendu détaillé de cet incident inacceptable est disponible sur le site web de la Black Canadian Studies Association (BCSA). (2) La pandémie de COVID-19 a entraîné l’annulation de la SCÉÉ 2020 et deux années de réunions en ligne, créant de nouveaux obstacles et mettant en évidence d’autres obstacles qui affectaient depuis longtemps l’éducation et la société, y compris la SCÉÉ. (3) En 2021, la Fédération a publié « Créer une étincelle » un rapport et un appel à l’action présidé par la Dre Malinda Smith, avec la contribution d’un large groupe de chercheurs, dont la Dre Marie Battiste, membre de longue date de la SCÉÉ. Une copie complète du rapport « Créer une étincelle » est disponible sur le site web de la Fédération.
En s’appuyant sur le rapport « Créer une étincelle » la SCÉÉ comprend les termes équité, diversité, inclusion et décolonisation comme désignant :
- Équité – L’équité porte sur la justice (à la fois les notions de ‘justice’ et de ‘fairness’ en anglais). C’est un état d’être, un processus et une condition ancrée dans les droits fondamentaux de la personne et, par conséquent, ne dépend pas d’un choix individuel ou du volontarisme. Alors que l’égalité peut conduire à présumer que les règles du jeu sont équitables et peut façonner les efforts individuels et institutionnels pour traiter les gens de la même façon, l’équité, en revanche, exige davantage. Il s’agit de comprendre et d’accommoder la différence, et de fournir aux personnes ce dont ils ont besoin pour accéder au milieu académique et s’y épanouir. L’équité exige de cerner et de combattre de façon proactive les idées, les attitudes, les comportements discriminatoires, ainsi que les systèmes, les politiques, les processus et les pratiques qui mènent à des désavantages.
- Diversité – La diversité est une caractéristique des sociétés humaines qui a été utilisée de multiples façons dans le secteur de l’enseignement postsecondaire. Elle comprend toute la gamme des différences humaines, culturelles et sociétales entre les populations du Canada. La diversité englobe la différence d’identité et la représentation de la population étudiante, du personnel, du corps professoral, des gens de l’administration et de la haute direction dans le milieu académique. La diversité sociale comprend également les motifs de protection en vertu de la Charte canadienne des droits et libertés, les droits autochtones issus de traités et les lois sur les droits de la personne, comme la race et l’origine ethnique, l’identité et l’expression de genre, l’orientation sexuelle et le handicap. La diversité est également utilisée pour différencier les types de production du savoir, les établissements d’enseignement et les unités au sein des établissements, comme les facultés, les écoles, les départements, les programmes et les instituts. La diversité englobe également la nature et le contenu des programmes d’études, la recherche, l’enseignement, les services et l’engagement.
- Inclusion – L’inclusion est un ensemble de compétences et de conditions qu’il faut entretenir et qui nécessite des ressources pour faire progresser un milieu académique équitable et plus juste. L’inclusion suppose des mesures interreliées pour éliminer les obstacles qui entravent la participation, l’engagement, la représentation et l’autonomisation (‘empowerment’) des membres de diverses identités et origines dans la vie du milieu académique. L’inclusion signifie que, dès le départ, nous concevons nos espaces éducatifs et culturels pour qu’ils puissent être pleinement utilisés par tous les peuples et toutes les collectivités. L’inclusion met en avant les relations sociales et institutionnelles du pouvoir et des privilèges, en attirant l’attention nécessaire sur qui obtient un siège et une voix aux tables de décision, et qui est habilité par les processus, politiques, systèmes et structures institutionnels.
- Décolonisation – Les principes, les processus et les pratiques de décolonisation sont essentiels à une communauté des sciences humaines plus équitable, plus diversifiée, plus éclairée et plus inclusive au Canada. Nous croyons que l’avenir durable de l’enseignement supérieur exige de confronter et déstabiliser l’impact qu’ont eu l’histoire coloniale, les idéologies, les expériences et les legs sur les disciplines, les archives, les canons, les programmes d’études, les méthodologies et les pédagogies, ainsi que sur les structures de gouvernance, la conception institutionnelle, les cultures, les symboles et les cérémonies. La décolonisation est un processus nécessaire et continu de désapprentissage, d’excavation et de transformation des séquelles du colonialisme, ainsi que d’utilisation des systèmes d’éducation et de connaissances disponibles pour réapprendre et reconstruire les fondements sociaux, culturels et linguistiques qui ont été perdus ou érodés par le colonialisme.
Pour en savoir plus sur le rapport « Créer une étincelle » de la Fédération, nous vous invitons à consulter les liens ci-dessous :